16 décembre 2011

Indignez vous... oui mais pourquoi?

Nous vivons certes une crise économique, mais nous vivons aussi une crise des repères.

Lorsque Stéphane Hessel a lancé son appel à l’indignation, il souhaitait rappeler à nos mémoires décidément trop courtes, les principes qui ont guidé le Programme du Conseil national de la Résistance (engagement politique de la société civile, primauté de l'intérêt général sur l'intérêt financier, syndicalisme, solidarité des générations, etc.), et se posant alors comme le dénonciateur d’une certaine déshumanisation de la société : existence des sans-papiers, mauvais traitement réservé à la planète, écart des richesses dans le monde etc. etc.

Tout cela parait très bien.

Toutefois, ne pourrait-on pas se reposer la question : s’indigner, oui mais pourquoi ?

Quand nous parlons d’indignation, à quoi faisons nous référence ?

Qu’est ce qui nous touche le plus au plus profond de nous même ?

L’indignation ne fait-elle pas directement référence à la dignité ?

Qu’est ce qui, dans notre monde, attaque le plus la dignité humaine ?

L’indignation ne devrait-elle pas avant tout se diriger vers ce qui déconstruit inlassablement la dignité humaine, cette dignité qui ne se voit pas, celle qui ne fait pas son show, celle qui ne fait pas de bruit ?

Certes, il faut dénoncer les affres d’une crise économique qui met à mal notre société, mais pourquoi ne devrait-on pas aussi dénoncer la crise profonde des repères qui la ronge insidieusement?

Qu’est ce qu’un homme digne?

Pourquoi accepte-t-on la lente et inaltérable déconstruction des repères entamée par les instances internationales qui nous gouvernent à la lueur des propositions de certaines minorités activistes?

Pourquoi accepte-t-on la réification de l’homme sans rien dire alors même qu’on la dénonçait avec force à la sortie d’une guerre épouvantable? 

Pourquoi accepte-t-on l’effacement de l’intérêt général au profit de l’individu sous l’effet de l’émotion ?

Pourquoi accepte-t-on l’oppression continuellement plus forte envers les plus faibles de notre société, ceux qui ne peuvent rien dire ?

Pourquoi accepte-t-on la démarche délibérément eugénique visant à éliminer les plus faibles, ceux qu’on ne veut plus voir, dans laquelle le monde s’est engagé, alors qu’il y a plus de 60 ans on révélait avec horreur ces mêmes atrocités à la face du monde ?

Pourquoi accepte-t-on la décision mondialiste de faire table rase des valeurs humaines du passé alors même que l’on sait que c’est ainsi que se sont constituées les pires idéologies ?

Pourquoi accepte-t-on la substitution des valeurs morales au profit de valeurs éthiques déshumanisées ?

Pourquoi n’accepte-t-on d’entendre et de suivre qu’une seule voix ?

Pourquoi nous semble-t-il qu’il n’y a pas de discussion, qu’il n’y a pas d’autre choix possible?

Faire appel aux valeurs d’après guerre, d’accord… mais dans quel but ?

Est-ce d’abord dans un but politique ou un but économique ?

De quoi parle-t-on ?

De valeurs certes, mais non pas de valeurs financières mais bien de vraies valeurs humaines, de valeurs pour la reconstruction de la dignité qui passent non seulement à travers un système politique mais surtout à travers le rappel de ce qu’est la dignité d’un homme : une dignité non négociable et  inaliénable, une dignité qui ne se décrète pas mais dont nous voulons croire qu’elle est totalement innée et immanente, même dans le silence absolu, même du fond de son lit, même du fond de sa prison (ou de son camp de concentration) qu’elle soit réelle ou virtuelle, même au seuil de la mort, même du fond des entrailles de sa mère, même lorsque plus personne ne veut nous voir, même lorsque plus personne ne nous considère digne !

 

Posté par marin_normand à 14:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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